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    Tribune 1: OGM dans l’agriculture - pour

    Molly Hurley-Dépret, Responsable de la communication, Green Biotechnology Europe, EuropaBio
    octobre 01, 2011

    LES ARGUMENTS EN FAVEUR DES OMG 

    Commerce mondial des produits de base agricoles: les cultures GM sont appelées à durer

    Au printemps 2011, la presse annonçait que les aliments pour animaux importés dans l’Union européenne (UE) pourraient bientôt contenir des traces (0,1%) de matériel GM non encore autorisé dans l’UE. Cette autorisation était bien entendu assortie de conditions: le matériel GM doit être autorisé dans le pays exportateur et doit être à l’étude auprès de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). La législation offrant cette ‘solution technique’ à la présence de faibles quantités d’OGM est le fruit des efforts déployés pour éviter toute perturbation des échanges liée à la politique de ‘zéro tolérance’ de l’UE, comme en 2009 avec le soja en provenance des États-Unis dans lequel des traces de deux variétés de maïs génétiquement modifié non autorisées avaient été découvertes. Ce nouveau niveau de tolérance de 0,1% qui, techniquement parlant, ne change rien à la politique de tolérance zéro, n’est qu’une solution de dépannage et un niveau de tolérance adéquat devra être établi. La législation ne couvre pas les importations de denrées alimentaires, bien qu’elles soient étrangement considérées séparément des aliments pour animaux. Les entreprises alimentaires craignent de voir leurs envois refusés dans les ports européens et elles ont fait connaître leurs préoccupations aux politiques européens.

    Demandons-nous tout d’abord pourquoi un niveau de tolérance est nécessaire. La popularité indéniable des OGM est un facteur crucial.
    15,4 millions d’agriculteurs dans le monde cultivent actuellement des OGM (maïs, soja, oléagineux, coton, etc.) et leur nombre a augmenté de 10% depuis 2009.1 Chaque année depuis l’introduction des cultures GM, les surfaces plantées ont augmenté. Ces agriculteurs, dont 90% sont de petits exploitants, cultivent 148 millions d’hectares des OGM, soit la superficie combinée de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne. En août, les statistiques les plus récentes pour le Brésil2 révélaient qu’en 2011-2012, 82,7% du soja brésilien serait GM, soit une progression annuelle de 13% – 4 fois plus que prévu. Compte tenu du rythme auquel les OGM sont approuvés en Amérique du Nord et du Sud, en Asie et de plus en plus en Afrique, les régions dont les processus d’approbation de cultures ou de produits importés GM sont plus lents se retrouvent à la traîne. Les probabilités de trouver dans des envois des traces d’OGM qui n’ont pas encore été approuvés par l’UE sont tout simplement plus grandes.

    Les pays exportateurs prennent très au sérieux la question de la séparation des matériels GM ou non GM, en particulier car elle a des répercussions profondes sur la chaîne de valeur: les agriculteurs, les installations de transformation, les transporteurs et leurs clients sont tous concernés si la séparation ne se fait pas dans les règles de l’art. Au Canada, j’ai étudié le processus de séparation et ai constaté qu’un niveau de tolérance acceptable était bel et bien nécessaire pour les OGM non autorisés. Jim et Judy Gowland, agriculteurs près de Toronto, cultivent du soja non GM, essentiellement destiné au Japon, un marché de niche pour ce produit. Ils cultivent aussi du maïs GM. Pour que leur récolte de soja soit acceptée à la transformation, ils doivent s’assurer qu’aucun matériel GM contenu dans le maïs récolté ne se mélange au soja cultivé. Ils ont toutefois, tout comme d’autres, souligné qu’aucune méthode de séparation n’était parfaite et qu’un niveau de tolérance devait être établi pour les OGM non encore autorisés afin d’éviter toute perturbation des échanges.

    Il est intéressant de noter que les Gowland ne sont motivés par aucune idéologie pour ou contre les OGM. Ils se contentent de cultiver les plantes susceptibles d’assurer la viabilité et la rentabilité de leur exploitation. Ils fournissent les marchés qu’ils estiment attractifs. En discutant avec Dale Mountjoy, un autre agriculteur basé près de Toronto, j’ai appris que le rendement de son maïs GM était bien plus élevé que celui du maïs conventionnel, avec un revenu par acre jusqu’à €86 supérieur. La plante exige moins de labour, d’engrais, de pesticides et d’herbicides. Elle permet de gagner du temps, de l’argent et du carburant, et donc de réduire les émissions de CO2.

    Même si certains pourraient encore contester les avantages des OGM, nombreux sont ceux qui en perçoivent les bénéfices en termes de revenu pour l’agriculteur, d’efficacité et de protection de l’environnement. Ce qui est certain, c’est que les cultures GM ne sont pas prêtes de disparaître.

     

    1 James C. (2010) – Global Status of Commercialized Biotech/MG Crops: 2010, ISAAAA brief 42. www.isaaa.org/resources/publications/briefs/42/default.asp 

    2 Céleres (2011) – Biotechnology Report, www.comunique-se.com.br/deliverer_homolog/arq/cli/arq_1198_76582.pdf