Les MNT appliquées sur les marchés de destination préoccupent
chaque jour davantage les exportateurs et les décideurs politiques.
Elles comprennent un large éventail de mesures commerciales liées à
l'exportation, y compris des règlements techniques et autres normes
obligatoires. Elles varient d'un produit et d'un pays à l'autre et
changent parfois fréquemment. Si de nombreuses MNT sont légitimes,
d'autres constituent des obstacles au commerce.
Nombreux sont les exportateurs
de PED qui n'ont pas l'information, les capacités et les
installations nécessaires pour respecter ces prescriptions
complexes. Par ailleurs, le respect des MNT peut saper la
compétitivité à l'exportation en allongeant les délais de
production et en relevant les coûts. Dans le même temps, nombre de
décideurs politiques nationaux n'ont pas une idée claire des
obstacles au commerce que représentent ces mesures pour les milieux
d'affaires.
Afin de mieux définir et comprendre l'impact des MNT et autres
obstacles au commerce sur les entreprises, l'ITC est en train de
réaliser une étude des entreprises de 10 PED.
Les conclusions initiales de cette étude toujours en cours
indiquent que l'impact des MNT sur les exportateurs varie selon le
pays. À titre d'exemple, au Burkina Faso 70% des entreprises
interrogées ont indiqué que les MNT affectaient fortement leur
travail au quotidien, contre seulement 24% à Hong Kong (Chine).
L'étude a également révélé que, considérées individuellement,
les entreprises peuvent percevoir les MNT comme un obstacle au
commerce pour différentes raisons comme, par exemple, lorsque
l'entreprise ne sait pas que telle prescription est en vigueur;
lorsque le règlement est à ce point strict que l'entreprise n'est
pas en mesure de le respecter sans modifier ses procédés de
production de manière significative; ou lorsque le coût de
l'attestation de la conformité est prohibitif pour l'entreprise. À
titre d'exemple, une entreprise tenue de soumettre ses produits à
essais dans un laboratoire précis situé dans un pays tiers ou
contrainte d'obtenir un certificat sanitaire auprès d'une
institution locale et de le faire traduire se trouve confrontée à
des procédures de mise en conformité longues et souvent coûteuses.
Ces 'obstacles d'ordre procédural' incluent tout un éventail de
contraintes qui vont des lourdeurs administratives aux retards, à
l'absence de protection juridique et à l'attitude des
fonctionnaires dans le pays d'origine, le pays de destination des
exportations et les pays de transit. Selon les résultats
préliminaires de l'étude réalisée au Burkina Faso, plus de 50% des
74 entreprises interrogées ont rencontré des obstacles au commerce
liés à des difficultés intérieures. De semblables résultats
préliminaires ont été obtenus dans d'autres pays soumis à enquête.
Les autres obstacles rencontrés, non directement liés aux MNT
concernaient le transport, l'environnement d'affaires et la
sécurité.
Les résultats d'une étude pilote réalisée conjointement par la
CNUCED et l'ITC en 2008-2009 ont révélé que les mesures techniques
- y compris les mesures sanitaires et phytosanitaires et les
obstacles techniques au commerce - constituent une préoccupation de
taille pour les exportateurs. L'étude a montré que 72% de toutes
les entreprises interrogées dans six PED avaient fait état de
préoccupations relatives aux mesures techniques. Nombre des
préoccupations évoquées concernaient les normes qualité
obligatoires relatives aux caractéristiques du produit ou associées
aux procédés de production. Pour les exportateurs, les
prescriptions les plus lourdes étaient les prescriptions en matière
de certification (20%); les prescriptions en matière d'étiquetage,
de marquage et d'emballage (20%); les prescriptions en matière de
traçabilité (9%); et les limites de tolérance de résidus et de
contaminants ou liées à l'utilisation de certaines substances
(8%).
L'ITC va réaliser des études des MNT dans quelque 30 pays entre
2010 et 2012, et ce afin de répertorier et de comprendre les MNT
les plus problématiques pour les entreprises par produit, branche
d'activité, marché d'exportation et ce pour chaque pays. Pour
définir et élaborer des stratégies nationales pour surmonter ces
obstacles au commerce, il est indispensable de tenir compte du
point de vue des milieux d'affaires sur les MNT. Comprendre leurs
principales préoccupations et les difficultés qu'ils rencontrent au
quotidien en matière de MNT aide les gouvernements à mieux définir
les besoins en termes de mesures à prendre et de renforcement des
capacités - notamment dans le domaine des règlements techniques,
des règlements sanitaires et phytosanitaires, de l'évaluation de la
conformité et de l'assistance technique connexe.
L'ITC est aussi associé à un cadre multi-institutions régi par
la CNUCED et dont le but est de recueillir, classifier et diffuser
les informations réglementaires sur les MNT appliquées par les pays
importateurs, tant développés qu'en développement, et ce afin de
faciliter l'accès des exportateurs et d'autres à ces
informations.
Les résultats détaillés de l'étude seront publiés dans la
Publication phare 2010 de l'ITC et dans ses Rapports de pays
(Séries de documents techniques de l'ITC sur les mesures non
tarifaires) plus tard dans l'année.
Pour plus d'informations, contacter l'ITC: ntm@intracen.org
INCIDENCE DES MNT
Selon la taille de l'entreprise exportatrice, 2010
| ENTREPRISESEXPORTATRICES
AFFECTÉES (Part en %) | ENTREPRISES EXPORTATRICES PASSÉES AU CRIBLE (Nombre) |
Burkina Faso | 61 | 100 |
Hong Kong (Chine) | 24 | 1 701 |
| Maroc | 32 | 220 |
| Paraguay | 64 | 210 |
Pérou | 44 | 588 |
Sri Lanka | 57 | 332 |
Note: Les études portant sur les MNT 2010 n'étant pas
achevées, il s'agit de résultats préliminaires.
Note: Les chiffres reposent sur les rapports d'entreprises
exportatrices au Chili (673 cas de MNT rapportés), en Inde (776),
aux Philippines (851), en Thaïlande (1803), en Tunisie (810) et en
Ouganda (593). Les pourcentages représentent les parts des groupes
de MNT par rapport au nombre total de MNT, établis en moyenne pour
les six pays étudiés.
1 Voir aussi l'article 'Obstacles to Trade from
the Perspective of the Business Sector : A Cross-Country
Comparison' par Mondher Mimouni, Carolin Averbeck, Olga
Skorobogatova dans The Global Enabling Trade Report 2009, Forum
économique mondial, Genève, Suisse, 2009.