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    Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3/2010 
     

    © José Carlos Alexandre Joseph Godonour, pêcheur de crevettes, Bénin.

    Bien que le commerce des produits alimentaires et agricoles recèle un fort potentiel de croissance économique et de réduction de la pauvreté dans les pays pauvres, satisfaire aux prescriptions en matière d'innocuité, de santé animale et végétale reste une gageure pour les agriculteurs, les transformateurs et les agences gouvernementales de certains pays.

    Le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce (FANDC) qui réunit plus de 20 organisations différentes, s'attache à renforcer la capacité des PED de respecter les prescriptions sanitaires et phytosanitaires internationales afin de faciliter l'accès au marché.

    Dans nombre de PED, les exportations de produits agroalimentaires pourraient être une source non négligeable d'emplois, permettre une augmentation significative des revenus et une amélioration des moyens de subsistance. Cependant, lorsqu'ils vendent leurs produits, ces pays se heurtent souvent à des prescriptions strictes en matière d'innocuité des aliments, de santé animale et végétale - mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS).

    Les exportateurs doivent respecter les normes SPS imposées par leurs partenaires commerciaux, en particulier pour les produits alimentaires de grande qualité tels les fruits et légumes frais et transformés, le poisson, la viande, les fruits à coque et les épices. Selon un rapport de la Banque mondiale de 2005, ces produits de grande qualité représentent plus de la moitié des exportations de denrées alimentaires des PED. Cependant, dans nombre de PED, la méconnaissance de l'importance des normes SPS, conjuguée à un manque de compétences techniques, d'infrastructures et d'autres ressources, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, font que les exportateurs ne sont pas en mesure d'exploiter les débouchés qui leur sont offerts.

    Le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce 

    L'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) encourage les gouvernements à aider les PED à s'acquitter de leurs obligations internationales. Créé en 2002, le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce est une initiative conjointe en matière de renforcement des capacités et de coopération technique visant la sensibilisation, l'amélioration de la coordination et la mobilisation des ressources dans le domaine des normes en matière d'innocuité des aliments, de santé des animaux et des végétaux.

    Le FANDC offre des dons aux PED pour la conception et la mise en œuvre de projets. Depuis sa création, il a approuvé plus de 40 dons destinés à la conception de projets et 43 projets, dont 55% ont bénéficié à des pays les moins avancés et d'autres pays à faible revenu.

    Le FANDC offre aussi une enceinte de coordination et de partage de l'information sur les activités de coopération technique mondiales, régionales et nationales liées aux mesures SPS. Parmi les activités organisées par le FANDC peuvent être citées: la recherche pragmatique sur les bonnes pratiques en matière de coopération technique SPS; l'utilisation des analyses économiques pour la prise de décisions en matière de SPS et les indicateurs de mesure des résultats obtenus en matière de SPS; un séminaire international sur le changement climatique et les risques SPS; ainsi qu'un atelier sur les partenariats public-privé pour renforcer les capacités SPS.1 

    Le FANDC a été établi par la FAO, l'OIE, la Banque mondiale, l'OMS et l'OMC. Des représentants des bailleurs de fonds et des PED y sont aussi associés, de même que l'ITC, la CNUCED, ainsi que l'ONUDI. Le FANDC a ceci d'unique qu'il parvient à réunir ces partenaires différents mais complémentaires pour faire office de point de référence pour la coordination et la diffusion des meilleures pratiques en matière de coopération technique dans le domaine SPS. Le FANDC est aussi étroitement lié au Comité SPS de l'OMC, à l'Initiative Aide pour le commerce, au Cadre intégré renforcé et à d'autres programmes SPS.

    Études de cas 

    Le renforcement des capacités SPS ne va pas sans mal, mais il présente aussi des avantages et permet de réaliser des économies comme en attestent les exemples qui suivent.2 

    ÉTUDE DE CAS 

    RELEVER LES DÉFIS SPS POUR RETROUVER LE CHEMIN DU MARCHÉ 

    Bénin 

    Le 11 juillet 2003, le Gouvernement du Bénin a volontairement suspendu ses exportations de crevettes à destination de l'UE. La décision a été prise après qu'une visite des inspecteurs de l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE a révélé un certain nombre de faiblesses dans la législation, les inspections et les analyses en laboratoire dans le secteur des pêcheries, de même que de sérieuses insuffisances en matière d'hygiène et de conditions sanitaires dans le secteur de la crevette. Face à la perspective d'une interdiction d'importer de l'UE, laquelle serait plus longue et plus coûteuse à inverser, les autorités béninoises ont décidé d'elles-mêmes de stopper leurs exportations.

    L'arrêt de ces exportations a eu des conséquences considérables sur le secteur alimentaire et agricole ainsi que sur les quelques 300 000 personnes associées à ce secteur à forte intensité de main-d'œuvre. Des usines de transformation ont fermé, des grossistes et des travailleurs chargés de négocier et de conditionner les crevettes ont perdu leur emploi, et les communautés de pêcheurs qui vivaient grâce à la crevette ont perdu leur principale source de revenu.

    Les secteurs public et privé ont œuvré de conserve pour régler les problèmes rencontrés avec le soutien international de l'UE, de la FAO, de l'ONUDI, de la Belgique et du FANDC. Le Gouvernement a investi dans des systèmes d'inspection, la formation et un nouveau laboratoire de référence qui devrait être le premier de la région à être accrédité selon des normes internationales. Les usines de transformation se sont modernisées, les travailleurs ont été formés aux bonnes pratiques en matière d'hygiène et des efforts ont été déployés pour améliorer les conditions sanitaires et améliorer les connaissances des communautés de pêcheurs.

    L'interdiction d'exporter a été levée le 1er février 2005 mais, depuis, le pays éprouve les plus vives difficultés à récupérer les parts de marché perdues. De nouveaux fournisseurs d'autres pays se sont emparés de sa part de marché et les entreprises qui ont survécu restent lourdement endettées. En 2008, les exportations de crevettes ont atteint à peine 6 tonnes, contre 703 tonnes en 2002. Et pourtant, n'ayant que quelques autres produits susceptibles d'être exportés, le Gouvernement et le secteur privé restent optimistes et s'attendent à une augmentation des exportations de crevettes. Au Bénin, toutes les parties prenantes sont d'accord pour dire que l'accès au marché international est un élément fondamental de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté pour l'avenir.

    ÉTUDE DE CAS 

    GRIPPE AVIAIRE 

    Lignes directrices internationales 

    À l'échelle de la planète, les maladies animales transfrontières sont en augmentation et sont de plus en plus graves, perturbant la vie des êtres humains, les sociétés et les chaînes d'approvisionnement. Au cours de la décennie écoulée, la grippe aviaire hautement pathogène (GAHP) s'est propagée à près de 60 pays du Moyen-Orient, d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Les flambées les plus larges et les plus graves ont été enregistrées en Asie du Sud-Est en 2003, qui ont causé la mort de 245 personnes et l'abattage de plus de 300 millions de volailles. À mi-2005, les pertes subies par le seul secteur de la volaille de la région de l'Asie du Sud-Est étaient estimées par la Banque mondiale à plus de $E.-U. 10 milliards.

    En Thaïlande, troisième plus gros exportateur au monde en 2003, la grippe aviaire s'est rapidement transformée en une crise nationale et le secteur de la volaille a pour ainsi dire disparu du jour au lendemain. Les petits producteurs se sont retrouvés sans travail et des milliers d'ouvriers du secteur de l'exportation ont perdu leur emploi.

    Les entreprises thaïlandaises ont réussi à éviter la ruine en respectant les normes internationales. Les exportateurs sont passés avec succès de l'exportation de volaille crue à l'exportation de volaille cuite et ont réussi à respecter les normes de l'OIE (voir encadré). Les principaux partenaires commerciaux de la Thaïlande ont reconnu que les mesures prises reposaient sur les lignes directrices internationales et que les exportations de volaille cuite étaient sûres. En 2005 les exportations sont reparties à la hausse et la Thaïlande a pu progressivement retrouver ses parts de marché et sa position d'exportateur de volaille de premier plan.

    ÉTUDE DE CAS 

    LUTTER CONTRE LA MOUCHE DES FRUITS DANS LES EXPORTATIONS DE FRUITS FRAIS 

    Belize 

    En 1987, le Belize a subit les conséquences de l'insuffisance de ses capacités SPS après avoir été infesté par un des parasites agricoles parmi les plus destructeurs - la mouche méditerranéenne du fruit (Medfly). Suite à la flambée enregistrée dans le district de Stann Creek au sud du Belize, les autorités américaines ont déclaré l'ensemble du pays zone infestée et ses produits impropres à l'exportation. En l'absence d'un programme national de surveillance, les exportations de papayes de la région du centre du pays, où aucun cas de Medfly n'avait été enregistré, ont été suspendues faute de pouvoir prouver l'innocuité du produit. Des investissements considérables ont été perdus et les plans nationaux de diversification vers des exportations agricoles non traditionnelles ont été menacés.

    L'incident a encouragé les autorités du Belize à chercher une solution à long terme à ce problème, et ce en collaboration avec des partenaires internationaux dont la FAO et le Ministère de l'agriculture des États-Unis. Un programme de surveillance global a été mis en place en 1989, et les capacités en matière d'éradication et de certification ont été renforcées. Des investissements considérables ont aussi été réalisés pour établir l'Autorité sanitaire agricole du Belize responsable des activités liées à l'inspection, à la quarantaine et à la certification dans le domaine de la santé des animaux et des végétaux.

    Ces investissements ont été des plus rentables et le Belize est actuellement le seul pays d'Amérique centrale officiellement reconnu exempt de Medfly. Les exportations de papaye ont considérablement augmenté, tant en quantité qu'en valeur. Les recettes du secteur de la papaye atteignent aujourd'hui quelque 30 millions de dollars du Belize (BZD), soit $E.-U. 15 millions, et le secteur emploie plus de 1000 personnes. Le Gouvernement a estimé que chaque dollar du Belize dépensé au titre du programme de lutte contre la Medfly avait dégagé des bénéfices directs et indirects de BZD 140. Fort du succès enregistré dans le secteur de la papaye, le pays s'attache aujourd'hui à développer les exportations d'autres produits de base tels que le piment rouge, la goyave et la pitaya.

    1 Pour plus de renseignements, consulter le site www.standardsfacility.org/Old/fr/index.htm
    2 Ces exemples sont tirés de la vidéo Un commerce en toute sécurité du FANDC, disponible en anglais, en français et en espagnol sur DVD à l'adresse www.standardsfacility.org.  Des versions en russe, en chinois et en arabe seront disponibles début 2011. 


    Normes internationales reconnues 

    dans l'Accord SPS 

    Mentionnées dans l'Accord de l'OMC sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires, les normes de l'OIE énoncent les règles qui régissent le commerce international des animaux et des produits d'origine animale. Les Lignes directrices sur l'influenza aviaire de l'OIE précisent que les interdictions d'importer ne s'appliquent pas dès lors que le produit a été rendu non infectieux par transformation et qu'elles doivent être levées une fois la zone déclarée libre de GAHP depuis 12 mois.

    En termes d'innocuité des aliments, l'Accord SPS reconnaît les normes élaborées par la Commission du Codex alimentarius. S'agissant de la santé des animaux, les normes reconnues au plan international sont celles de la Commission des mesures phytosanitaires de la Convention internationale pour la protection des végétaux.